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Damily - Fanjiry (LP) (2026)

WORLD
SKU : 7640159734192

Prix:

23.00

LA DISQUERIE: 1

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Description

Interprète
Damily


Date de parution
janvier 2026


Edition
Standard


SKU
15673997


EAN
7640159734192


Né en 1968 à Tongobory, dans le sud de Madagascar, Damily est l’un des pionniers et des plus grands ambassadeurs du tsapiky — cette musique effervescente née à Toliara dans les années 1980, au croisement du rock, des rituels traditionnels et de la transe collective. Avant d’être un style, le tsapiky est un contexte : celui des mandriampototsy, ces cérémonies villageoises qui durent des jours et des nuits, entre guérison, possession et fête des ancêtres. Là, les musiciens jouent sans interruption, portés par l’énergie de la communauté. C’est dans ce creuset que Damily forge son art : une guitare fabriquée à la main, des amplis bricolés, un son saturé, tendu, urgent — musique de poussière, de chaleur et de nécessité. Dans les années 1980 et 1990, alors que le tsapiky supplante le pecto (musique de bal plus urbaine et policée), Damily devient une figure majeure du sud malgache. Il sillonne la région, d’un village à l’autre, avec ses orchestres Miriorio, Safodrano ou Masoandro, jouant sans relâche pour les cérémonies, les fêtes ou les bals de quartiers. Le soir, les sons saturés de sa guitare résonnent jusqu’à l’océan Indien. Pour beaucoup, il incarne la fièvre de Toliara — Toliara tsy miroro, “la ville qui ne dort jamais”. Installé en France depuis 2003, Damily poursuit son œuvre sans jamais rompre le lien avec sa terre d’origine. Ses albums (Ravinahitsy, Ela lia, Very Aomby, Zebu Nation, Valimbilo, Cassettes archives Andranolava, Fihisa) ont su transmettre l’énergie brute du tsapiky tout en lui donnant une forme nouvelle, à la fois plus précise et plus méditative. Sa musique reste traversée par la même urgence : celle de faire danser, de soigner, de relier les vivants et les esprits. C’est dans cet esprit qu’est né Fanjiry. Après les sessions extatiques de Fihisa enregistrées dans le bush malgache sous un cyclone, Damily revient à une approche plus intime : un dialogue seul à seul avec sa guitare. Il compose, explore, réarrange, cherche à “remplir l’espace sonore” autrement. Au printemps 2025, il entre au Studio Black Box, dans la campagne angevine, pour enregistrer ce nouveau répertoire avec Peter Deimel, maître du son analogique. Trois jours suffisent. Une ou deux prises par morceau, sans fioritures. Peter capture le son comme une matière vivante — micro après micro, il en saisit le relief, la respiration, la profondeur. On entend la guitare comme un corps, un paysage. Tout dans ce disque est affaire d’équilibre et de précision. Damily y joue seul, mais fait tout à la fois : basse, rythme, mélodie, percussion et chant des cordes. Sa technique du pouce, sa science du timbre et des harmoniques, sa façon d’articuler les fréquences donnent à sa musique une densité singulière — pleine, vibrante, en mouvement constant. Derrière chaque riff se cache une architecture invisible, patiemment construite pour mener vers la transe. Car, même seul, Damily reste fidèle à la mission première du tsapiky : guérir, élever, relier. Le titre Fanjiry — du nom de la dernière étoile visible avant l’aube — évoque ce moment suspendu où la nuit bascule vers le jour. C’est à la fois un repère, une promesse et un symbole. Pour Damily, c’est un nouveau départ : le début d’une aventure solo, mais tournée vers l’Autre. Car Fanjiry n’est pas un disque de repli ; c’est un disque d’ouverture, un espace de partage où l’intimité devient universelle. De Sikilony, écrit sous la pluie du cyclone Freddy, à Roro Soa, berceuse transmise à son fils, en passant par les contes de son grand-père (Kalavabitiky) ou les transe instrumentales (Zipo Tralala), Fanjiry traverse les paysages de l’enfance, de la mémoire et de la fête. Chaque morceau est un fragment de vie, un fil entre les époques. Fanjiry n’est pas un disque solitaire: c’est un disque tourné vers l’Autre. Un dialogue sans mots, tendu entre tradition, recherche sonore et humanité. Dans le silence avant l’aube, Damily laisse parler sa guitare — et c’est tout un monde, à nouveau, qui se remet à danser.